9 mai, 19h30
Conférence

→ Bibliothèque publique et universitaire Salle de lecture

L’exil ou la souffrance

A Ren­nes en cet­te fin d’été 1992. Je suis accueilli par une dame aux énor­mes lunet­tes. Elle par­le dou­ce­ment en me regar­dant droit dans les yeux… Je sai­sis que je vais avoir droit à un cours de fran­çais pour adul­tes anal­pha­bè­tes trois jours par semai­ne. Je suis un peu vexé: – I have BAC plus five, I am a wri­ter, nove­list… – Aucu­ne impor­tan­ce mon petit, répond la dame. Ici tu com­men­ces une nou­vel­le vie… Confé­ren­ce de Veli­bor Colic pro­po­sée par la librai­rie Payot

Ecri­vain bos­nien, sol­dat mal­gré lui, Veli­bor Colic déser­te l’armée pen­dant la guer­re en 1992. Empri­son­né, il par­vient à s’échapper et s’exile en Fran­ce. Ecri­vant depuis quel­ques années en fran­çais, il n’a jamais ces­sé de reve­nir en pro­se et en vers, vers le pays qu’il a quit­té. Auteur de romans tra­gi­ques évo­quant le conflit «Archan­ges, roman a capel­la», de polars âpres «Mother Fun­ker», d’une auto­bio­gra­phie rêveu­se «Jésus et Tito», Veli­bor Colic pour­suit une œuvre tou­jours en lien avec son pays d’origine, avec «Sara­je­vo omni­bus», où il pro­po­se un por­trait de la vil­le à tra­vers dif­fé­rents per­son­na­ges his­to­ri­ques ou lieux emblé­ma­ti­ques, qui ont tous un rap­port avec la tra­gé­die inau­gu­ra­le du ving­tiè­me siè­cle: l’assassinat de l’archiduc Fran­çois-Fer­di­nand le 28 juin 1914, et avec «Manuel d’exil», où il revient sur ses pre­miè­res années d’exil et de galè­re: la guer­re, la nos­tal­gie du pays per­du, le déclas­se­ment, les dif­fi­cul­tés d’apprentissage d’une lan­gue.

Edition précédente:
De la Perse à l’Iran contemporain